OneOff

Alexia Barrier, à la barre pour mère-nature (et pour nous)

Navigatrice reconnue, Alexia Barrier est aussi une écologiste convaincue qui s’appuie sur les enfants pour faire changer les mentalités. Car les adultes de demain le savent, si la planète est en danger, quid de l’humanité ?

C’est l’un des rares sports mixte mais si hommes et femmes s’y côtoient, la présence de ces dernières n’est pas simple. Comment se sentir légitime dans le milieu si masculin de la navigation ? Cette question, la navigatrice Alexia Barrier, ne se l’est jamais posée. Celle qui fait partie du très fermé club des dix femmes à avoir bouclé un Vendée Globe a commencé à apprivoiser les mers très jeune. A trois ans, elle est déjà sur le voilier familial et voit très vite plus loin.

Petite, nous partions d’Antibes pour rejoindre les Îles de Lérins, c’était l’aventure mais je regardais déjà derrière l’horizon. Je voulais aller plus loin que le petit pique-nique du week-end sur ces îles. Je rêvais d’un bateau plus grand pour aller dans des mers un peu plus agitées.

Des années plus tard, les Îles de Lérins sont bien loin du quotidien d’Alexia Barrier. La navigatrice est désormais une skippeuse professionnelle qui a fait équipe avec des figures comme la Britannique Samantha Davies sur la Transat AG2R (2006) ou encore la regrettée Florence Arthaud sur la Route de l’Equateur (2007). Et s’est déjà fait un nom dans le milieu, avec son patronyme accolé à des courses importantes. Parmi elles, la fameuse Route du Rhum (2018) ou encore la Transat Jacques Vabre (2019/2021) et bien sur la dernière édition du prestigieux Vendée Globe.

Je pense que la confiance que m’ont donnée mes parents quand j’étais petite a forgé mon caractère d’entrepreneur, de sportive et d’athlète de haut niveau. C’est cette confiance qui m’a permis de ne pas douter du fait de pouvoir y arriver. 

« Il n’y a pas une goutte d’eau sur cette planète qui ne contienne pas de plastique »

De 2003 à nos jours, l’impressionnant CV d’Alexia Barrier ne doit pourtant pas faire oublier une facette majeure de cette athlète de haut niveau : celle d’une femme engagée sur les questions environnementales. Première femme à tenter un tour du monde en solitaire au profit de la science, Alexia Barrier est la fondatrice de 4MyPlanet, association de préservation de l’océan et de la nature. Depuis une décennie, l’association a collecté des millions de données, notamment via le bateau d’Alexia. Un travail crucial, car à travers les routes qu’elle traverse, peu voir pas empruntées par des navires scientifiques, 4MyPlanet permet l’observation de zones extrêmement reculées.

Crédit Photo : Franz Chavaroche
Au Monaco Globe Séries Crédit photo : Studio Borlenghi - A.Pisapia

Je pense qu’il faut arrêter de se mettre des oeillères, il n’y a pas une goutte d’eau sur cette planète qui ne contienne pas de plastique. En moyenne, on en mange par semaine l’équivalent d’une carte bleue. Le plastique est partout, dans nos aliments, dans l’eau que l’on boit. C’est une matière qu’on utilise au quotidien et qui pollue notre planète lorsqu’il se dégrade dans la nature. Aujourd’hui, il faut qu’on réfléchisse à d’une part pourquoi et comment on consomme d’une part et d’autre part aux relations entre humains que cette consommation apporte. Je crois qu’aujourd’hui lorsque l’on achète quelque chose, il est important de se demander : est-ce que j’ai vraiment besoin de ça ? Qui l’a fabriqué, comment a-t-il été fabriqué et comment va t-il être recyclé une fois que je n’en aurai plus besoin. Ce sont des interrogations qu’il faut avoir en tête.

Miser sur la jeunesse pour construire l’avenir

Des interrogations, Alexia Barrier en a peu sur l’urgence à agir. Celle qui affirme que l’odeur du plastique a remplacé celle de la terre lorsque son bateau s’approche des cotes vulgarise ses expériences scientifiques. Son public principal : les enfants qu’elle rencontre via des tournées dans différentes écoles après chaque course. 

Nous avons un kit pédagogique qui est édité à chaque grande course et qui est disponible sur le site 4MyPlanet. Les enseignants ou les éducateurs peuvent le télécharger pour suivre chaque course. Au-delà de la course en elle-même, nous parlons de son histoire, du bateau, mais également d’environnement, de la pollution, de la recherche océanographique, de la faune.

Cet ambitieux projet pédagogique – à ce jour plus de 100 000 enfants à travers la France, mais aussi au Maroc, en Afrique du Sud ou encore au Brésil suivent ce programme – Alexia Barrier le voit comme des graines que l’on sème dans les vies de ces adultes en devenir. Car la navigatrice en est convaincue, la prochaine génération sera celle du changement face aux enjeux écologiques. 

Crédits Photos : @XavierGiraud

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