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Les pensées de One Off… sur le déterminisme social

« Y avait pas de porte ouverte alors j’ai pété un carreau », rappait le groupe Ärsenik dans « Par où t’es rentré, je t’ai pas vu sortir », ou comment évoquer l’ascension sociale par l’escalier quand l’ascenseur est bloqué !

 

Ces derniers temps, on parle beaucoup de ceux qui ont réussi à « péter le carreau » du déterminisme social.

 

Tantôt appelés transfuges, tantôt transclasses, leurs parcours, érigés en symboles, sont narrés à longueur de journée. Des histoires d’enfants de pauvres qui grâce à leur brillants cerveaux ont fait de prestigieuses études, puis obtenu des postes prestigieux leur permettant d’évoluer dans un monde prestigieux !

 

Mais, nous sommes nombreux à le savoir, les obstacles qu’ont du franchir ces fils de pauvres sont sans commune mesure avec ceux qu’affrontent leurs camarades plus aisés :

 

Quatre années d’avance dans leur scolarité, c’est l’écart qui sépare les élèves français venus des 10% des familles les plus riches par rapport aux 10% d’élèves venus des familles les plus pauvres*.

37% des élèves peu performants viendraient de familles modestes contre 7% pour leurs camarades venus de milieux plus aisés**.  En France, la méritocratie est, dans les grandes largeurs, une illusion. Parmi les pays de l’OCDE, seule la Hongrie ferait pire !

Car la plupart de ceux qui réussissent n’ont eu besoin de péter aucun carreau. Ces rejetons de la bourgeoisie, jeunes gens à la chemise immaculée, mèche bien travaillée et baskets aussi blanches que leurs dents  bien alignées en-tre-pren-nent !  De leurs parcours, on entend souvent « j’ai commencé sans rien, au début, ce sont mes amis qui achetaient mes (insérer ce que vous voulez)» ou encore « j’avais fait de brillantes études, mais j’ai décidé de tout plaquer » !

 

Leur réussite, ils affirment la devoir à leur énergie. « J’ai travaillé comme un dingue », « je n’ai pas compté mes heures » lit-on quand ils relatent leurs brillants parcours. Ce qui est vrai le plus souvent, mais partiel :

 

Ce qu’on évoque moins souvent, c’est un réseau familial mis à profit, une tête qui donne confiance aux banquiers les plus récalcitrants, un capital culturel qui permet de se sentir légitime partout et surtout, oui surtout du temps ! Car si le temps, c’est de l’argent, c’est surtout de la disponibilité pour réfléchir à son parcours, se tromper et recommencer sans trembler et bâtir une carrière professionnelle brillante certes, mais grâce à qui et à quoi ?

 

Alors, grande question : et vous, qui vous a aidé à péter le carreau ? 

*Vie-publique site d’information sur les politiques publiques rattaché à la direction de l’information légale et administrative (DILA).
**Rapport de l’OCDE – Regard sur l’éducation (2021)

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